À Rome, les églises surgissent à chaque coin de rue comme les cafés surgissent à Paris — avec cette même insistance familière, presque naturelle.
Et pourtant, parfois, le hasard fait les choses avec grâce.
Lors de notre première errance dans la ville éternelle, nous avons été happés, presque sans y penser, par la splendeur silencieuse de l’église Saint-Ignace-de-Loyola. Baroque, flamboyante, elle se dresse sur la piazza Sant’Ignazio, à deux pas du Panthéon, comme une prière figée dans la pierre.
C’est la seconde église jésuite la plus illustre de Rome, après Il Gesù — mais nul besoin de hiérarchie quand les fresques d’Andrea Pozzo élèvent le regard et l’âme à l’unisson. Peintes entre ciel et coupole, elles défient la gravité, jouent avec l’illusion, et transforment un simple plafond en passage vers l’infini.
Construite dès 1622, elle raconte encore, à qui sait regarder, le rêve d’un monde guidé par la lumière de la foi — et un soupçon de virtuosité artistique.


