Je vote car je suis

Je vote car je suis
Canada election advance polling station sign on brick wall.

Aujourd’hui marque la trente-cinquième fois que je glisse un bulletin dans l’urne — oui, je les compte : 12 élections fédérales, 11 provinciales (dont 8 en Ontario et 3 au Québec), 11 municipales (3 à Québec, 1 à Montréal, 3 à Toronto, et 5 à Mississauga), sans oublier ce référendum inoubliable et terrifiant de 1995.

Chaque fois, c’est la même émotion qui m’envahit — un mélange de gravité silencieuse et de reconnaissance profonde. Tracer ce simple petit “X”, ce geste si modeste en apparence, ne devient jamais banal. C’est un acte de liberté, une affirmation de soi, et surtout, un privilège inestimable, dont des milliards d’êtres humains dans le monde sont encore privés. Dans ce geste, je me rappelle que la démocratie, aussi imparfaite soit-elle, reste une chose sacrée.

Voter n’est pas seulement un droit. C’est un devoir moral. Un acte de mémoire envers celles et ceux qui se sont battus, qui ont marché, parfois même donné leur vie pour des libertés que nous tenons trop souvent pour acquises. Si vous choisissez de ne pas voter, je vous en tiendrai rigueur — non par colère, mais parce qu’une telle indifférence trahit l’histoire et les sacrifices humains pour la liberté. Cela évoque l’ignorance, ou pire : un renoncement discret à sa propre dignité de citoyen.

Et si vous ne savez pas pour qui voter ? Alors, faites l’effort. Lisez. Écoutez. Réfléchissez. Les programmes des partis sont publics, disponibles en quelques clics. Dire « je ne sais pas » n’est plus une excuse. C’est de la paresse civique.

Dans un monde saturé de vacarme, voter est un rare murmure de souveraineté. Il dit : Je suis là. Je m’en soucie. Je compte.

Alors votez.
Pas parce que c’est facile.
Mais parce que cela a un sens.

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